Cinq secondes pour une touche, dix secondes pour sortir au changement, une minute dehors après des soins : les Lois du Jeu 2026-2027 s’appliquent en Ligue 1 et en Ligue 2, mais aussi sur le terrain de votre club et dans votre tournoi de jeunes.
Quand un championnat professionnel reprend, on parle des nouvelles règles comme d’une affaire de Ligue 1. C’est une erreur d’optique. Les Lois du Jeu sont écrites par l’IFAB, l’organisme qui fait autorité sur le football mondial, et elles s’appliquent de la finale de Coupe du monde au match de U13 du dimanche matin. Les modifications 2026-2027 sont entrées en vigueur le 1er juillet 2026. Elles concernent donc autant Marseille contre Lyon que votre tournoi de fin de saison.
Et cette année, le changement est visible. Après la limite de huit secondes imposée au gardien la saison dernière, l’IFAB poursuit sa campagne contre les pertes de temps, avec des mesures déjà testées en grandeur nature pendant la Coupe du monde 2026. Voici ce qui change vraiment, ce que la Ligue 1 et la Ligue 2 ajoutent par-dessus, et ce que cela implique concrètement pour un club amateur et pour un organisateur de tournoi.
Le résumé en un tableau
| Situation | Ce qui change en 2026-2027 | Sanction si dépassement |
|---|---|---|
| Rentrée de touche | Décompte visuel de 5 secondes si l’exécution est retardée | La touche est donnée à l’adversaire |
| Coup de pied de but | Décompte visuel de 5 secondes si l’exécution est retardée | Corner pour l’adversaire |
| Gardien, ballon en main | Toujours 8 secondes maximum | Corner pour l’adversaire |
| Remplacement | 10 secondes pour quitter le terrain | Le remplaçant attend une minute de jeu |
| Soins sur le terrain | Sortie obligatoire, retour après une minute de jeu | Une minute à onze contre dix |
| Accessoires et bijoux | Un accessoire non dangereux, correctement couvert, est autorisé | Contrôle d’avant-match assoupli |
Cinq secondes pour effectuer une touche
C’est la mesure la plus visible de la saison. Lorsqu’une équipe traîne délibérément avant une rentrée de touche en sa faveur, l’arbitre siffle, signale que la touche doit être jouée, puis lance un décompte visuel de cinq secondes, main levée. Tout le monde voit les doigts descendre : les joueurs, les éducateurs, le public.
Si le ballon n’est pas remis en jeu au bout des cinq secondes, la rentrée de touche est accordée à l’équipe adverse, au même endroit. Détail important pour les arbitres de terrain : le décompte n’attend pas que le joueur ait le ballon en main. Un joueur qui va chercher le ballon au ralenti ou qui se place volontairement au mauvais endroit peut déclencher le compte à rebours.
Autre nuance qui évite les malentendus : le joueur n’est pas automatiquement averti pour avoir dépassé les cinq secondes. Perdre la touche est considéré comme une sanction suffisante. Le carton jaune n’intervient que si le même joueur retarde ensuite la reprise accordée à l’adversaire.
Cinq secondes sur le coup de pied de but, et le corner qui va avec
Même principe, conséquence plus spectaculaire. Si une équipe fait durer son coup de pied de but, l’arbitre lance le même décompte de cinq secondes. Au terme du compte à rebours, ce n’est pas un coup franc indirect qui est accordé : c’est un corner pour l’équipe adverse.
La Loi 17, qui définit le corner, a d’ailleurs été réécrite pour l’occasion. Un corner peut désormais être accordé dans trois cas : le ballon sorti par la ligne de but, le gardien qui garde le ballon en main plus de huit secondes, et l’équipe qui retarde son coup de pied de but. Autrement dit, deux des trois façons d’obtenir un corner viennent maintenant de la gestion du temps.
Un rappel utile pour les gardiens formés avant 2025 : la règle des huit secondes n’est plus sanctionnée par un coup franc indirect dans la surface, mais bien par un corner. L’arbitre annonce visuellement les cinq dernières secondes pour que tout le monde comprenne que le compte est lancé.
Dix secondes pour quitter le terrain au changement
Le joueur remplacé dispose de dix secondes pour sortir, à partir du moment où le panneau est présenté ou, à défaut de panneau et de quatrième arbitre, du signal de l’arbitre. Il doit sortir par le point le plus proche de la limite du terrain, sauf autorisation contraire.
S’il dépasse ce délai, le remplacement n’est pas annulé, mais son remplaçant devra patienter : il n’entrera qu’à la première interruption survenant après une minute de jeu. Concrètement, l’équipe joue une minute en infériorité numérique. Là encore, l’avertissement n’est pas automatique.
L’exception du gardien de but
Si un gardien remplacé dépasse les dix secondes, son remplaçant entre quand même, puisqu’une équipe doit toujours compter un gardien. En revanche, le gardien sortant est averti pour avoir retardé la reprise du jeu.
Une minute dehors après des soins
C’est probablement la mesure qui demandera le plus d’adaptation aux éducateurs. Un joueur évalué ou soigné sur le terrain, ou dont la blessure a provoqué l’arrêt du jeu, doit quitter la surface de jeu et ne peut revenir qu’après une minute de jeu, avec l’autorisation de l’arbitre. Si le ballon est en jeu, il rentre par la ligne de touche.
L’intention n’est pas de retarder une prise en charge médicale, et le protocole prévoit des exceptions claires. Le joueur peut rester sur le terrain notamment quand il s’agit du gardien de but, d’un choc entre le gardien et un autre joueur, d’un choc entre deux joueurs de la même équipe, d’une blessure consécutive à une faute sanctionnée d’un carton jaune ou rouge, ou d’une situation grave nécessitant une intervention immédiate.
Ce que ça change pour un éducateur
- Un joueur qui reste au sol coûte cher. Sur un match de championnat, c’est une minute à dix. Sur un match de tournoi de dix minutes, c’est un dixième de la rencontre.
- Sortir vite pour être soigné dehors reste possible sans attendre la minute, à condition de ne pas retarder la reprise du jeu.
- Les vraies blessures ne sont pas pénalisées : les exceptions couvrent les chocs et les fautes cartonnées.
Ce que la Ligue 1 et la Ligue 2 ajoutent par-dessus
Les Lois du Jeu forment le socle commun. Les compétitions professionnelles y ajoutent leurs propres directives, et la saison 2026-2027 marque un tournant en France.
La sonorisation des décisions se généralise
Testée ponctuellement la saison dernière, l’explication orale des décisions passées par la vidéo devient la norme sur les matchs de Ligue 1 : l’arbitre explique son verdict, diffusé en direct dans le stade et à la télévision. Des caméras portées par les arbitres feront également leur apparition, une possibilité désormais inscrite dans la Loi 5, à condition que l’organisateur fournisse les caméras et garde le contrôle des images.
La vidéo peut intervenir sur trois nouveaux cas
Le protocole d’assistance vidéo s’élargit prudemment. L’arbitre assistant vidéo peut désormais analyser un carton rouge découlant d’un deuxième carton jaune manifestement infligé à tort, ainsi qu’une erreur d’identité lorsque le carton part sur le mauvais joueur. Les compétitions peuvent en outre choisir de faire vérifier un corner manifestement accordé à tort, à condition que la correction soit immédiate et ne retarde pas la reprise.
Des arbitres facilitateurs, et le capitaine comme seul interlocuteur
La direction technique de l’arbitrage demande à ses arbitres de se comporter en facilitateurs de jeu, tout en restant fermes sur la contestation et la simulation, avec un resserrement du temps consacré aux touches, aux coups de pied arrêtés, aux remplacements et aux soins. Le principe du capitaine seul autorisé à s’adresser à l’arbitre, déjà appliqué dans les grandes compétitions, deviendra un protocole obligatoire partout à compter du 1er juillet 2027. Autant s’y habituer dès maintenant.
Deux mesures disciplinaires laissées au choix des compétitions
L’IFAB a approuvé en avril 2026 deux motifs d’exclusion supplémentaires, que chaque compétition applique ou non : se couvrir la bouche pour s’adresser à un adversaire de manière provocante ou offensante, mesure destinée à lutter contre les propos racistes et discriminatoires, et quitter le terrain pour protester contre une décision arbitrale, ou inciter ses coéquipiers à le faire. Vérifiez le règlement de votre compétition avant d’affirmer quoi que ce soit sur un bord de terrain.
Et sur les terrains de votre club ?
Les mêmes Lois du Jeu, avec deux différences de contexte qui comptent.
La première : en amateur, l’arbitre est souvent seul, parfois bénévole, et il n’y a ni panneau de remplacement ni quatrième arbitre. Le décompte des dix secondes part alors de son signal de remplacement. Le geste du décompte à cinq secondes, main levée, devient un outil précieux : il rend la décision lisible pour les joueurs comme pour les parents au bord du terrain, ce qui désamorce une bonne partie des contestations.
La seconde : les dispositifs propres au football français continuent d’exister par-dessus les Lois du Jeu. L’exclusion temporaire, généralement de dix minutes, et le carton blanc pour un officiel d’équipe relèvent des règlements de votre ligue, et plusieurs ligues ont publié en juillet 2026 des versions actualisées de leurs annexes, dont la Ligue de Bretagne. Ce sont des documents à relire chaque été, car ils changent plus souvent que les Lois du Jeu elles-mêmes.
Une bonne nouvelle pour les contrôles d’avant-match, enfin : la notion de bijou laisse place à celle d’accessoire. Un objet non dangereux et correctement couvert est autorisé, ce qui met fin à une partie des discussions récurrentes avec les jeunes joueurs. Un objet dangereux, lui, reste interdit, et le ruban adhésif ne le rend pas acceptable.
Ce que ça change quand vous organisez un tournoi
Un tournoi n’est pas un championnat. Les matchs durent souvent entre huit et quinze minutes, les terrains s’enchaînent sans temps mort, et le planning tient debout uniquement parce que chaque rencontre commence à l’heure. Les nouvelles règles jouent en votre faveur, à condition de les avoir anticipées.
Trois décisions concrètes à prendre avant votre prochain tournoi. D’abord, tranchez sur la minute après soins : sur un match de dix minutes, appliquer la règle à la lettre revient à faire jouer une équipe en infériorité pendant dix pour cent de la rencontre. Beaucoup d’organisateurs choisissent, en catégorie jeunes, d’autoriser le retour à la première interruption suivante. C’est votre droit, mais cela doit être écrit dans le règlement du tournoi et annoncé au briefing, pas improvisé sur le terrain.
Ensuite, harmonisez le geste du décompte avec vos arbitres bénévoles. Une règle appliquée par deux personnes sur cinq crée plus de conflits qu’une règle non appliquée.
Enfin, souvenez-vous que le temps gagné sur le terrain ne sert à rien s’il est reperdu sur la feuille de match. C’est là que l’organisation prend le relais des Lois du Jeu : un planning à jour, des scores saisis immédiatement, des classements calculés sans attendre. C’est exactement ce que fait Footastic CUP, notre plateforme de gestion de tournois, pendant que vous vous occupez de ce qui se passe sur la pelouse.
À retenir pour la saison 2026-2027
- 5 secondes pour effectuer une touche, sinon elle passe à l’adversaire.
- 5 secondes pour un coup de pied de but, sinon c’est corner.
- 8 secondes ballon en main pour le gardien, sanction : corner.
- 10 secondes pour sortir au changement, sinon le remplaçant attend une minute.
- 1 minute hors du terrain après des soins, sauf exceptions clairement listées.
- Accessoires non dangereux et couverts désormais autorisés.
- Ligue 1 et Ligue 2 : sonorisation des décisions vidéo, caméras portées, vidéo élargie au second jaune erroné et à l’erreur d’identité.
Pour aller plus loin sur l’organisation elle-même, notre guide pour organiser un tournoi de football de jeunes détaille le cadrage, les poules et le jour J, et notre article sur un tournoi de 40 équipes donne les chiffres relevés sur des tournois réels.
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